Chenilles processionniare du pin

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Cycle de vie

Il est important de bien connaître son cycle biologique pour la combattre. Il s'étale en général sur une année, mais peut être allongé jusqu'à 4 ans selon les conditions climatiques et la situation géographique. Il se divise en 3 phases principales : la phase adulte, larvaire et nymphale.

Phase adulte

Le papillon sort de terre entre juin et septembre, en fonction du climat. Il ne vivra que quelques jours. Les femelles attirent les mâles en émettant une phéromone sexuelle. Suite à l'accouplement, la femelle recherchera un pin pour pondre sur ses aiguilles.

Phase larvaire

Elle se décompose en 5 stades reconnaissables à la couleur et à la taille des chenilles. Sa durée est de 4 à 8 mois selon les régions.

Les œufs éclosent de 30 à 45 jours après la ponte. Les jeunes larves se nourrissent des aiguilles de pin, de préférence la nuit. Dès que les températures baissent, elles vont construire leur nid. Exposés au sud afin de profiter de la chaleur offerte par le soleil, elles seront ainsi protégées du froid. Elles continueront de s'y développer, ne sortant que pour s'alimenter.

Phase nymphale

C'est durant cette dernière phase que les chenilles vont se transformer en chrysalides. Entre les mois de février et mai, elles quitteront leur nid en procession pour aller s'enfouir à 5-20 cm dans le sol. Ce déplacement pourra durer plusieurs jours, jusqu'à ce qu'elles trouvent le lieu idéal, où elles bénéficieront de suffisamment de chaleur.

Elles vont alors créer leur cocon de nymphose. Elles entreront dans une sorte d'hibernation appelée diapause, qui durera de quelques mois à 3 ou 4 années. Elles sortiront de terre à la belle saison sous forme de papillons, et un nouveau cycle recommencera.

Dégâts causés

Sur les arbres

Dès l'éclosion, les larves se nourrissent des aiguilles de pin, commençant ainsi leur défoliation. Ces derniers prennent alors une couleur jaune paille. Ce phénomène entraîne une fragilisation de l'arbre, mais rarement sa mort. Si la défoliation a été totale, un retard correspondant à une année d'accroissement maximum pourra être observé.

Certains cas de mortalité ont pu être observés en cas d'attaques répétées, ou sur des arbres se trouvant dans une situation de vulnérabilité due au climat par exemple. Déjà affaiblis, ils seront alors plus fragiles et auront plus de difficulté à résister aux autres insectes, tels que scolytes ou pissodes. C'est suite à la combinaison de ces différents facteurs que l'arbre pourra succomber.

Cependant, l'intensité des dégâts dépendra de l'implantation des arbres touchés. Les chenilles ayant besoin de soleil pour faire leur nid, elles préféreront les lisières situées au sud, et ne s'aventureront pas ou très peu à l'intérieur des forêts. Ce sont les jeunes pins et les peuplements non encore fermés qui sont les plus exposés aux chenilles et qui risquent de subir le plus de dégâts.

Sur les hommes et les animaux

Ces chenilles représentent également une menace au niveau sanitaire. Lors du troisième stade larvaire, soit environ au moment de tisser leur nid, les chenilles se dotent de poils contenant une substance allergisante : la thaumétopoéïne. Ils se détacheront lors d'un stress, libérant ainsi leur allergène. Ils peuvent aussi tout simplement être emportés par le vent : pas besoin donc d'être en contact direct avec l'insecte pour en être victime. De plus cette propriété urticante peut rester active pendant plusieurs années si les poils ne sont pas exposés à l'humidité. Méfiance donc dans les lieux infestés au cours des années précédentes même si les chenilles ne sont plus présentes.

Ils provoquent notamment chez l'homme des réactions allergiques, dont les symptômes seront différents selon leur localisation. En cas d'atteinte cutanée, on observera notamment des démangeaisons, pouvant durer jusqu'à 15 jours. En contact avec les yeux, ils provoqueront une conjonctivite. Des éternuements, maux de gorge, difficultés à déglutir, voir des difficultés respiratoires de type crise d'asthme pourront apparaître en cas d'inhalation.

Plus les contacts avec l'allergène seront répétés, plus les réactions seront importantes et dangereuses, pouvant aller jusqu'à l'apparition d'un œdème de Quincke ou d'un choc anaphylactique, nécessitant un traitement et des soins en urgence.

Les animaux ne sont pas épargnés non plus par les chenilles. Le risque d'ingestion étant important, on retrouvera surtout des inflammations au niveau des muqueuses de la bouche et des intestins, accompagnées de divers symptômes digestifs, tels que vomissements et douleurs abdominales. Le risque principal réside dans l'apparition d'une nécrose de la langue, qu'il convient de prendre en charge rapidement par un vétérinaire.

Moyens de lutte

Il existe différents moyens de détruire la chenille processionnaire du pin, efficaces en fonction du stade de développement de la chenille. Ils pourront ainsi être facilement combinés.

Le piégeage des papillons

Une première technique consiste à installer des pièges à phéromones. Mis en place directement dans les arbres pendant la période de vol, soit de mai à octobre, ils libèrent une phéromone sexuelle, attirant ainsi le mâle qui se retrouve coincé, empêchant l'accouplement.

Une nouvelle technique utilisant également les phéromones est en cours d'expérimentation. Il s'agit de créer une confusion sexuelle avec un propulseur de paintball utilisant des billes chargées de phéromones. L'air sera ainsi saturé en phéromone femelle, rendant alors difficile la rencontre entre partenaires.

Toutefois, ces deux techniques ne sont pas compatibles entre elles.

Les traitements phytosanitaires

Efficace sur les premiers stades larvaires, cette technique pourra être utilisée de préférence avant la formation du nid, soit de septembre à décembre. Elle consiste à pulvériser un insecticide sur les arbres atteints ou susceptibles de l'être.

Dans sa version biologique, le produit contient une bactérie, le bacillus thuringiensis. Ingérée par les chenilles, elle attaquera leur système digestif, les empêchant de s'alimenter et entraînant leur mort. Il peut être appliqué au sol ou pulvérisé dans les airs. A noter que cet insecticide est respectueux des hommes, des animaux, des abeilles et de la faune environnante.

Il est important de bien se renseigner sur les réglementations en vigueur encadrant ce genre de traitement par voie aérienne, et faire appel aux professionnels en cas de besoin.

La lutte mécanique

Il s'agit ici de détruire manuellement les nids en les brûlant. Réalisée avant la procession des chenilles, elle aura pour effet de réguler les populations. Il faudra faire attention que les chenilles soient toutes mortes à l'intérieur du nid : la soie utilisée pour leur confection peut résister au feu. Il convient de procéder à cette destruction même si les chenilles ont déjà quitté leur nid, afin de limiter les effets indésirables des poils restés à l'intérieur.

Avant toute manipulation de nid, il faudra penser à se protéger : masque, lunettes, gants et combinaisons sont indispensables pour ne pas subir les effets allergisants des chenilles. Il est possible de faire appel à des professionnels pour cela.

Le piégeage des chenilles

Appelés éco-pièges, il s'agit d'un dispositif à placer autour de l'arbre, pour capturer les chenilles lors de leur procession. Ils peuvent être installés dès décembre, et laissés en place jusqu'à mai. Les chenilles avançant le long du tronc, elles se feront piéger dans une gouttière, qui les emmènera dans un sac de terre où elles procéderont à la nymphose. Il suffira par la suite de brûler les chenilles capturées.

Là encore, il faut bien s'équiper avant de manipuler les sacs emplis de chenilles.

L'avantage de cette technique est qu'elle évite la dispersion des poils urticants, ce qui peut être utile dans les zones très fréquentées par le public, à condition de placer les pièges suffisamment haut, hors de portées des petites mains ou des animaux. Il faut faire attention à bien colmater les espaces entre le tronc et le piège afin que les chenilles ne s'échappent pas.

La gestion paysagère et régulation biologique

La préservation de la biodiversité va permettre d'agir sur le long terme et de diminuer le nombre de chenilles présentes. La mésange étant leur plus gros prédateur naturel, il est intéressant de leur installer des nichoirs en début d'automne. Il conviendra aussi de planter des feuillus autour des pins afin de les rendre moins accessibles, en plus d'offrir un refuge pour les ennemis naturels des chenilles.

Il n'existe pas de réglementation spécifique rendant la lutte contre la chenille processionnaire du pin obligatoire, et celle-ci relève de la responsabilité des propriétaires de pins. Mais il peut arriver que soit émis un arrêté municipal la rendant ponctuellement obligatoire. De manière générale, la lutte mécanique est à privilégier avant d'envisager un traitement phytosanitaire.

D'après le département de la santé des forêts et du ministère de l'agriculture, la lutte doit être réalisée au cas par cas en fonction des objectifs visés : protection des peuplements et des personnes, et non éradication totale des chenilles. Elle pourra être mise en place en cas de menace pesant sur la survie des arbres suite à plusieurs défoliations, s'il s'agit de peuplements sensibles et jeunes, ou si les arbres se trouvent dans des lieux très fréquentés par le public, en tenant compte du côté esthétique et des risques sanitaires engendrés.

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