Les différents types de piègeage par phéromones

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Qui d’entre nous n’a pas été déçu ou interloqué de trouver un ver dans son fruit, ou des carottes aux feuilles croquées ?

Parce que le plaisir de profiter de ses récoltes ou de la vue de son jardin passe aussi par le bien-être de ses plantes, nous allons vous parler d’une technique naturelle et parfaite pour éradiquer tous ces petits désagréments.

Si par le passé vous avez observé ces signes :

Présence d’amas blanc sous les feuilles, petits trous plus ou moins circulaire en grande quantité, points blancs ou jaunes, feuilles devenant grisâtres ou tombantes, fruits déformés ou véreux prématurément, gros nid blanc et soyeux en haut des arbres, collet dévoré, bordure de buis endommagé, boutons de fleurs décharnés, présence de poudre noire collante, croissance des semis stoppée, bouclier cireux, groupements d’œufs sur les feuilles ou les racines….

A coup sûr, des ravageurs s’y sont cachés.

Pour pallier la prolifération des insectes nuisibles à vos jardins, une technique 100% biologique, peut vous être utile.

Les pièges à phéromones.

Qu’est-ce qu’un piège à phéromone ?


La phéromone est une molécule chimique organique qui agit comme messager entre différents individus d’une même espèce.
C’est un piège qui permet donc d’utiliser les phéromones sexuelles naturelles des femelles pour attirer les mâles.
Une fois capturé, il n’y a plus d’accouplement, ce qui évite par la suite l’apparition d’œufs et la prolifération des espèces nuisibles dans votre jardin.

Pourquoi vaut-il mieux utiliser des pièges à phéromone ?

C’est une méthode 100% bio qui vous permettra d’évincer l’utilisation de pesticides dans tous les jardins d’ornement, potager et exploitation arboricole.

Grâce à son action ciblée elle a peu d’impact sur l’environnement. Seuls les insectes intéressés par les phéromones spécifiques seront piégés, sans détruire le reste de la faune. Ne laissant aucun résidu, ce type de piège est autorisé en agriculture biologique.

Il existe également des pièges à phéromones dit « universel », qui peuvent être utilisé sur un même type de nuisible (exemple ver de la carotte et ver du poireaux).

Une fois la mise en place effectuée, le piège fonctionne seul, sans besoin d’énergie quel qu’elle soit.
Les phéromones, extrêmement volatiles, se dispersent seuls dans l'air sur une périphérie de plusieurs mètres, sans interventions humaine.

Son action peut durer entre 4 à 6 semaines, facile d’utilisation et réutilisable d’une année sur l’autre.

Quels types de pièges existent-ils ?

Différents types de pièges se trouve actuellement sur le marché, cependant s’il existe des pièges mixtes, il est préférable d’utiliser des pièges spécifiques pour chaque insecte.

  • Les pièges mixtes : Ils permettent d’attraper tout type de ravageurs attirés par les phéromones, il est tout de même préférable d’utiliser la phéromone adéquate pour plus d’efficacité. Les pièges mixtes ont l’a particularités d’être aussi efficaces en hauteur qu’à même le sol.
  • Les pièges tentes : Un système en forme de triangle, contient à la fois une capsule de phéromone et un piège à bande gluante. Celui-ci permet notamment le comptage des individus capturés.
  • Les pièges à eau : Un simple bac rempli d’eau, avec un sachet de phéromones versé dans l’emplacement prévu à cet effet, au milieu du bac. A installer au plus près du sol, avec un entretien régulier. Une vérification de la hauteur de l'eau tous les 2/3 jours est préconisé. Idéal pour les insectes rampants, notamment dans les potagers.
  • Les pièges entonnoirs : C’est une boite en forme d’entonnoir avec couvercle amovible, pourvue ou non d’ailettes. Ce système fonctionne grâce à un fond d’eau et un sachet de phéromone versé à l’intérieur. Les nuisibles volants, attirés, volent jusqu'à épuisement, puis se retrouvent piégés et finissent par se noyer.
  • Les pièges de détection sont connus sous formes de grandes bandes engluées, elles permettent de connaitre l’étendue de la prolifération des ravageurs ainsi que le type exact de ces derniers. Ils s’utilisent principalement en amont pour une meilleure méthode d’éradications des nuisibles.
  • Les pièges chromatiques : ce sont souvent des plaques engluées de couleurs jaunes ou bleue. La fréquence de ces couleurs couplés de phéromone, attirent les insectes volant grâce à la luminosité du soleil. Aucun souci pour les abeilles qui ont un système de visions différentes et ne seront donc pas attirées par fréquences de ces plaques.
  • Les pièges à glu : souvent sous la forme d’un toit englué, avec une capsule de phéromone à suspendre en son milieu. A mettre en hauteur directement dans les branches.
  • Les pièges de grande capacité du type écopiège, idéal pour les chenilles processionnaires. Une collerette fixée au tronc de l’arbre piègera les chenilles qui devront suivre le seul chemin qui leur est offert : un tube de plastique qui les mènent directement dans un sac de récupération. Dans cette gamme, il existe également des pièges à ailettes permettant de capturer de plus grandes quantités de papillons mâles en un temps plus restreint.

Quels sont les insectes concernés ?

Tout les insectes ravageurs des grandes de familles de lépidoptères, diptères et coléoptères.

 Voici une liste non exhaustive des ravageurs éliminés grâce à ces pièges :

La chenille processionnaire du pin et du chêne, la mineuse du marronnier, la mouche de cerise, la mouche d’olive, la carpocapse des arbres fruitier (pomme, poire, prune), la teigne du poireau (qui attaque également ail et oignon), la mouche de la carotte (persil, cèleri et panais), la tordeuse, la noctuelle du chou et de la tomate…

Comment reconnaitre l’insecte qui m’attaque ?

  • Vos feuilles jaunissent à vue d’œil, deviennent grises et se dessèchent ; vous avez découvert de fines toiles d’araignée entre ces feuilles, vous êtes donc en présence d’acariens.
  • Les feuilles de vos choux et navets sont transpercées de minuscules trous, c’est très probablement les altises.
  • Des haricots transpercés de toute part, c’est la bruche qui en est à l’origine.
  • Les fruits devenus véreux, tombant avant la récolte, des carpocapses ont élus domicile dans vos arbres.
  • Des boucliers cireux bruns ou blancs sont un signe évident des cochenilles.
  • Larves orange et feuilles dévorées de vos pommes de terre sont la marque des doryphores.
  • La mineuse du marronnier quant à elle va perturber le cycle de l’arbre et faire tomber les feuilles hors automne.
  • Un point d’ouverture près des pédoncules de vos tomates vous indique la présence de noctuelles.
  • Les taupins sont plus difficiles à détecter car ils s’attaquent uniquement aux racines.
  • Les pucerons, les plus connus de tous, sont souvent amassés en colonies en dessous des feuilles ou aux pieds des cultures.
  • Si vous voyez tout en haut de vos arbres des grandes toiles blanches en forme de nids, des chenilles processionnaires y ont élu domicile.

Quels pièges pour quels insectes ?

Voici à titre indicatif, ce qui peut être mis en place.

  • Piège tente : Capua, Podana, Tordeuse, Mineuse, Teigne des agrumes, Noctuelle, Teigne de la pomme de terre….
  • Piège à eau : Mineuse de la tomate…
  • Piège entonnoir : Pyrale du buis, Teigne du poireau, Mineuse des agrumes, Carpocapse…
  • Piège englué : Mouches, Pucerons, Aleurodes, Thrips…
  • Piège de grande capacité : Chenilles processionnaires, Papillons…

Ou déposer les pièges ?

Les pièges sont à poser dans les endroits stratégiques, souvent au cœur de vos plantations.
Le plus souvent à hauteur de vols des mâles où au plus proches du sol pour les rampants. 

La portée des phéromones étant de plusieurs dizaines de mètre, il n’est pas important de déposer des pièges de manière concentré sur une même parcelle.

Si vous devez combattre différentes espèces, mieux vaut espacés les différentes phéromones d’au moins une cinquantaine de mètres les unes des autres, pour éviter de brouiller l’attraction du produit employé.
 

Pour exemple,

  • Pour un arbre isolé : il vous faudra 1 piège par arbre.
  • Pour des arbres alignés préférez la configuration suivante : 1 piège tous les 25 mètres ou 1 piège tous les 3 arbres.
  • Pour un terrain à configuration atypique : 1 piège tous les 25 mètres en posant un piège à chaque arbre aux extrémités des lignes.
  • Version jardin potager ou ornemental : 1 piège tous les 25 mètres en périphérie.
  • Pour les bosquets : 1 piège par bosquets si très espacés ou si la prolifération est importante, sinon 1 piège tous les 50 mètres.
  • Pour les pièges en hauteur : une pose à 2 ou 3 mètres de hauteur suffisent à protéger vos arbres.
  • Pour de très grands arbres et suivant l'espèce à éliminer : un premier piège vers 1m50/2m (hauteur d'homme) et un second au 2/3 de l'arbre.
  • Les pièges à glu : ils seront à déposer au milieu des branchages, si ce sont des bandes à coller directement à l’arbre privilégiez le tronc.
  • Les pièges à eau ! ils seront, quant à eux, mis en place au plus près du sol, 40 cm maximum au-dessus des semis, pour une protection optimale des feuilles.

Les différentes dates de piégeage (référence selon type d’insecte) :

La connaissance précise de la date du vol, permet un gain de temps en limitant le piégeage sur une seule période

  • Processionnaire du pin de fin Janvier à Juin.
  • Processionnaire du chêne fin Juin à Octobre.
  • Teigne du poireau : de Mars à Avril, puis de Juin à Aout.
  • Carpocapse : de Mai à Août.
  • Mineuse des tomates : d’Avril à Octobre.
  • Tordeuse de vigne : d’Avril à Septembre.
  • Mouche de cerisier : de Mai à Juin.
  • Mouche d’olive : de Juin à Septembre.

Dans tous les cas, il est préférable de poser les pièges avant les premiers vols des nuisibles ou avant les premières descentes des chenilles.

Pensez à adapter en fonction de votre région, en cas de doute, la mairie peut vous renseigner.

Il vous faudra vérifier régulièrement le produit à l’intérieur du piège et changer la capsule de phéromone toute les 4 à 6 semaines.

Comment les installer ?

Pour les éco pièges (chenilles processionnaires) prévoyez un piège au diamètre supérieur à vos troncs.

Pensez à nettoyer l’écorce de l’arbre, voir à écorcer si besoin.

Disposez le joint de mousse sur la collerette plastique et ouvrez le trou pour le tube de descente. Le collier doit être fixer en hauteur et au soleil.
Plaquez le piège contre l’arbre grâce aux crochets puis installer du mastique entre l’écorce et la mousse du piège. C’est l’étanchéité du piège qui en assurera son bon fonctionnement.
Mettez du terreau dans le sac du piège, fixez le tube de descente entre la mousse et l’intérieur du sac, le tout fixé par la sangle de maintien.

Concernant les pièges tente, montez simplement la forme en appuyant bien sur les côtés. Collés la bande de phéromones et installez le tout parmi les branchages par un fil de fer. Petit conseil, pensez à insérer un caillou dans le fond pour que le vent ne fasse pas tournoyer le piège.

Avec les pièges à eau vous devez placer une capsule de phéromone dans l’orifice centrale du piège et le reboucher. Puis versez de l’eau dans le piège. Petite astuce, mélangez de l’huile avec votre eau, permettra à celle-ci de s’évaporer plus lentement sans en altérer l’odeur des phéromones. Disposez-le à 40 cm du sol pour protéger les feuilles ou préférez la variante à ailette pour l’enfouir auprès des racines.

Quant aux pièges entonnoirs, vous préparez la base en y versant de l’eau savonneuse. Placez une capsule de phéromone dans le panier prévu à cet effet et fixez-le au couvercle du piège. Placez le chapeau sur la base, terminez l’assemblage en bloquant le couvercle sur le dessus. Ces pièges équipés ou non d’ailettes doivent être suspendus par une ficelle à la branche d’un arbre. 

A noter :

Les sachets de phéromones doivent être manipulé avec des gants pour éviter de polluer le produit.

Les sachets peuvent être conservé, le plus souvent au froid dans un réfrigérateur (3-5°C) pour éviter d’éventer le produit, si c’est une utilisation pour une prochaine année il est préférable de le garder en congélateur (-18°C).

Les pièges peuvent être réutilisables, mais il ne faut pas oublier de bien les nettoyer et les stocker dans un endroit sec, à l’abris de l’humidité.

Un piégeage de comptabilisation fait en amont peut être fait pour connaitre la nature exacte des parasites et estimer la quantité de la population à évincer.
En fonction de l'année et des régions, les insectes peuvent revenir plutôt ou plus tard que les années précédentes, paramètre important à prendre en compte lors de la mise en fonction des pièges.
Si vous avez le moindre doute, les services de mairies peuvent vous renseigner.



Avant toute mise en service, référez-vous à la notice d’utilisation du produit.

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