Lutte biologique avec les phéromones

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Mon jardin au naturel

La lutte antiparasitaire existe depuis aussi longtemps que l’agriculture et toute forme de culture est pratiquée sur terre.

Afin d’éradiquer les parasites de nos jardins, nos pelouses, nos cultures, nous avons oublié des techniques ancestrales au profit de produits chimiques et pesticides à l’effet radical et relativement simples à utiliser.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que ce qui est nuisibles à certains insectes ou plantes parasites, peut l’être aussi pour nos enfants, nos animaux et nous-mêmes.

Bien heureusement, la conscience de l’environnement, de notre santé nous amène à reconsidérer aujourd’hui sérieusement nos fonctionnements, tant à la maison qu’au jardin. Les professionnels du jardinage nous proposent maintenant davantage de solutions naturelles pour traiter les nuisibles.

Biologie et ravages

Qu’appelle-t-on la lutte biologique ? C’est l’utilisation d’un agent antagoniste contre des êtres vivants ravageurs de nos végétaux. Tout est affaire d’observation. Lors de l’apparition d’un nuisible, il faut prendre les bonnes décisions, mais utiliser la lutte biologique ne nécessite pas de mise en œuvre compliquée.

Il faut juste acquérir de nouveaux réflexes de jardinage et l’éradication totale n’est pas toujours la solution. Il faut observer pour mettre en œuvre des solutions.

Dans un premier temps, nous parlerons des techniques de piégeage des ravageurs.

La prévention

La lutte antiparasitaire est donc une nécessité dès que l’on cultive quoi que ce soit. On a un peu tendance à ne se réveiller avant que les ravageurs ne commencent à faire leurs dégâts. Souvent, c’est bien trop tard et les dégâts peuvent s’avérer irrécupérables ou incontrôlables.

Entretenir son jardin, sa pelouse, ses arbres fruitiers de façon naturelle implique un veille constante et régulière et des mesures de prévention. L’approche logique de l’entretien naturel implique de créer un équilibre des organismes dans votre jardin.

Prévoir, c’est donc détecter la présence des bio-agresseurs afin d’intervenir rapidement et éviter ainsi l’infestation au jardin. Toute la subtilité réside dans la détection du bon moment pour intervenir. Pour les petites bêtes que l’on voit à l’œil nu, c’est simple, il suffit de surveiller et d’intervenir, mais lorsqu’il s’agit d’organismes ne mesurant que quelques millimètres ou de parasites nocturnes, l’affaire se complique. Et, c’est le bouquet, lorsque le ver est dans le fruit, c’est trop tard !

Il existe donc des systèmes qui permettent une « veille » du jardin et vous aideront à déterminer s’il faut ou non avoir recours à des produits de bio-contrôle.

Et que sont donc ces systèmes ? Ce sont les pièges chromatiques (qui engluent) et les pièges à phéromones.

Découverte des phéromones

C’est le résultat de travaux d’observation de l’entomologiste Henri Fabre au XIXe siècle. Racontons-donc rapidement une petite histoire à son sujet.

Celui-ci émit l’hypothèse que les femelles diffuseraient des effluves qui attirent les mâles. Pour vérifier cette thèse, il mit sous cloche de toile ajourée un papillon femelle et trouva sa maison envahie de papillons. Il enferma donc celle-ci dans une boîte hermétique, et plus aucun papillon ne tourna autour. Il leur coupa les antennes également pour savoir si celles-ci étaient les vecteurs des « effluves ». N’ayant plus le temps de s’y consacrer, il ne poussa pas plus loin ses recherches.

Et pourtant il avait raison ! Il est maintenant établi que chez les lépidoptères, dont font partie les papillons, les antennes des mâles captent les phéromones sexuelles émises par la femelle qui cherche un reproducteur.

Donc, si les papillons se reproduisent moins, il y a moins de chenilles.

A la base, les phéromones sont des substances chimiques volatiles émises par les animaux, les insectes et certains végétaux pour communiquer entre eux. Il en existe donc de plusieurs sortes qui ont des objectifs précis et différents :

  • Pour marquer leur territoire
  • Pour émettre un signal d’alarme pour avertir leurs congénères d’un danger (approche d’un prédateur pour le puceron, par exemple)
  • Pour laisser une trace, une piste, comme chez la fourmi
  • Pour favoriser leur agrégation dans un endroit
  • Pour la reproduction


Mais en ce qui concerne les pièges, il s’agit uniquement de phéromones sexuelles destinées à amener la confusion chez les mâles.

Les pièges à phéromones

Le principe est simple : ces pièges libèrent des hormones sexuelles de synthèse pour attirer les mâles des nuisibles visés. Le but est de limiter la reproduction, la fécondation et  la ponte.

Ils se composent d’un diffuseur de phéromones de synthèse, spécifiques à un insecte, et d’un système qui permet leur capture : une boîte remplie d’eau ou une plaque sur laquelle ils s’engluent posée dans une petite « cabane » ouverte que l’on suspend.

Les pièges à entonnoir

Ceux-ci permettent aux phéromones de diffuser sous le couvercle. Les mâles attirés volent au-dessus de la capsule et, épuisés, tombent à l’intérieur de l’entonnoir où ils sont prisonniers et se noient dans le liquide contenu.

Ils permettent une réduction des nids en moyenne de 30 à 60 %. Ils ont pour avantage d’avoir une longue durée de vie et une grande capacité de piégeage. Ils ne permettent cependant pas un comptage précis si l’on veut faire un suivi des populations d’insectes concernés.

Les pièges Delta

Ils sont faits de polypropylène ondulé rigide, résistant aux intempéries. Ils sont faciles à assembler et sont commercialisés avec une broche métallique et une plaque de glu remplaçable. Il se présentent sous la forme d’une petite tente que l’on suspend.

Le plaques de glu sont amovibles et permettent donc le comptage des insectes piégés. Les pièges Delta permettent une réduction des nids de 30 à 60 %.

Les capsules à phéromones

Elles sont en général livrées dans un emballage scellé, à conserver fermé jusqu’au jour de la pose du piège. Elles se conservent longtemps de préférence au frais, voire au congélateur si vous les utilisez pas avant longtemps.

Lorsque vous les mettez dans le piège, assurez-vous de porter des gants jetables afin de n’en pas modifier l’odeur, ce qui rendrait le traitement moins efficace. Si vous posez des phéromones différentes pour les parasites différents, veillez à changer de gants pour chaque type.

Ces 2 types de pièges servent aussi d’indicateur de la présence de ces insectes permettant d’agir préventivement.

Où et quand installer les pièges, pour quelles préventions ?


Le piège doit être suspendu aux branches basses de l’arbre concerné.

Si l’arbre est isolé, il faut mettre 1 piège par arbre.

S’il y a un alignement d’arbres, il faut mettre un piège tous les 25 m ou tous les 3 arbres. S’il s’agit d’un bosquet, il faut disposer les pièges sur les arbres en périphérie tous les 25 m.

 Pour le potager, c’est au-dessus des cultures ou posés au sol, selon le ravageur concerné.

Pour les pins, il faut les mettre autour du tronc.
 
Il existe de nombreux pièges, adaptés à toutes sortes de parasites. Nous allons citer ici quelques exemples, mais ce n’est pas exhaustif.

  • La mouche de la carotte, qu’il faut mettre sous surveillance d’avril à septembre, pour protéger des œufs pondus par sa larve.
  • La noctuelle du chou, qui dévore la nuit les feuilles, à surveiller de mi-mai à juin.
  • La teigne du poireau, ver qui s’attaque également à l’oignon, l’échalote et l’ail. A piéger de fin avril à début août.
  • La carpocapse du pommier, du poirier, du prunier et du noyer, qui est la larve d’un papillon qui se régale de leur chair, rendant les fruits véreux, à surveiller de début mai au dernier fruit cueilli.La mouche du cerisier installe de gentils asticots blancs dans vos fruits, à piéger de début mai à la fin de la récolte.
  • La mouche de l’olivier, qui rend les fruits inutilisables, à piéger de fin avril à début août.
  • La chenille processionnaire, dont on connaît les ravages et les allergies qu’elles peuvent provoquer chez l’homme et les animaux domestiques, détruisant les pins par bosquets entiers. Celle-ci nécessite un traitement spécial en hiver pour les cocons existants, mais les pièges à phéromones sont indispensables à poser de mai à septembre.
  • La pyrale du buis, qui est récurrente et très difficile à éradiquer une fois installée. Cette chenille particulièrement vorace peut arriver dès la mi-février dans les régions au climat clément. Plusieurs générations peuvent se succéder dans la même année. Il faut donc installer les pièges de mi-février à octobre.

En respectant les consignes d’utilisation, vous réduisez considérablement le risque de contamination de vos cultures, potagers, fruitiers et ornements.

Vous pouvez les années suivantes, réutiliser les pièges. Vous n’aurez que les capsules de phéromones à renouveler. Cependant, il faudra veiller à un aspect primordial : utilisez le piège pour le même ravageur qu’au départ, car celui-ci sera imprégné de l’odeur de la phéromone utilisée.
 
Mais le piège ne fera pas tout. Il limitera la reproduction des nuisibles ainsi que les ravages des cultures. Il faudra, selon le végétal concerné, compléter cette action de veille et de prévention par un traitement naturel.
 
Cela fait référence à un ensemble de bio-techniques et de bio-pesticides  lorsque les précédentes ne suffisent pas.
 
L’intérêt pour la lutte biologique a augmenté avec la connaissance des effets néfastes des pesticides chimiques sur la santé humaine et les écosystèmes. Celle-ci se développe désormais à grande échelle, dans l’agriculture, les espaces verts des communes et les jardins particuliers.

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